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    District 9 - Neill Blomkamp

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    Camille
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    District 9 - Neill Blomkamp

    Message par Camille le Dim 13 Sep - 22:38

    Oubliez La Guerre des Mondes. Oubliez Independance Day. Oubliez Rencontre du III type. Oubliez Matrix, Alien, Predator... et tous les films de science-fiction hollywoodiens (à part ET, peut-être). L'Amérique est morte: vive l'Hémisphère sud!

    Peter Jackson a prouvé, au début des années 2000, que la Nouvelle-Zélande pouvait rivaliser avec les Etats-Unis quand il s'agissait de faire des films énormes et excellents (exit l'Histoire sans Fin et Conan le Barbare!).
    Ce même Peter Jackson prouve, cette année 2009, que l'Afrique du Sud peut rivaliser très dangereusement avec les meilleurs productions de sf américaines. Et avec moins de budget! Et avec plus de cerveau, de subtilité et d'invention que Cloverflied !

    Le résultat, c'est le poker gagnant que le producteur a permis au réalisateur Neill Blomkamp en lui permettant de porter sur grand écran une idée de court-métrage mêlant sf, politique, sociologie, et philosophie.
    Le résultat, c'est ce film inconcevable jusqu'alors et génial du nom de District 9 (en référence au sinistre District 6 du Cap).
    Voici le pitch tel que le donne AlloCiné:

    "Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre...Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire...Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu'à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s'occuper de leur transfert. L'un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l'homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu'une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien.Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu'un seul endroit où se cacher : le District 9..."

    Qui connaissait l'Afrique du Sud ? Il y avait bien Nelson Mandela, son équipe de foot, les Zulus, l'apartheid (ah, si! très important), son thé rouge à base de rooïbos; mais ses films?
    Maintenant, il y aura District 9.

    On n'avait pas vu de film de SF depuis un moment. On était dans une passe de fantasy, de super-héros, de films catastrophes ou d'horreur. Bon. Ou pas. Disctrit 9 inaugure une nouvelle génération de film de sf.

    Bénéficiant d'une très efficace promotion internet qui a fait, comme on le dit aujourd'hui, un sacré buzz (création de faux sites internet relayant l'idéologie des organismes du film), District 9 est en passe de devenir (s'il ne l'est pas déjà), LE film de SF du début XXIème siècle. Il y aura un avant et un après, et tout cela grâce à sa densité qui n'enlève rien de sa richesse. Son inconnu de réalisateur a réussi à ingurgiter une variété de thèmes, de genres et d'esthétiques pour en former un film ébouriffant, diablement intelligent, visuellement grisant, émotionnellement prenant, touchant et parfois horrifiant mais ô combien génial en tous points.
    Tout commence comme un documenteur auxquels nous ont habitué les REC, Cloverfield et autres Diary of the Dead. "Ok, on nous l'a déjà fait, on regarde avec compassion parce que c'est étranger." Au contraire! Neill Blomkamp parvient à nous bourrer le crâne d'informations en un temps relativement court, enchaînant les interviews, les images chocs façon caméra à l'épaule avec bandeaux d'infomations, et ce avec une efficacité digne des grandes chaînes de télé: on découvre un monde qui pourrait être le nôtre, une sorte de réalité ou de futur parallèle, ou les codes sociaux et leurs peversions(notamment ceux du racisme, du terrorisme, du communautarisme et autres traffics illégaux d'armes et de pâtés pour chat) sont appliqués à l'Autre - à l'Alien...

    Ceux-là sont victimes d'une apartheid cruel, obligés de survivre dans des taudis, de larcins et autres crimes avec les populations désoeuvrées de Johannesbourg (pauvres Nigérians).... et le pire - ou le meilleur - c'est que c'est présenté avec une telle force qu'on y croit (au fond, pourquoi toujours les Etats-Unis?). Et puis, après cette présentation dans laquelle, finement, tout est présenté maus suggéré quand aux raisons de tout cela (et c'est la force, là encore, d'un tel film, que de laisser l'imaginaire du spectateur remplir le hors-champ narratif de ses fantasmes), le film flotte entre cet aspect documentaire parfois cynique et atrocement voyeur (les oeufs façon pop corn) et de la fiction pure; mais comme la manière de filmer est la même, on se perd, mais avec un délice renouvelé à chaque image. Et on se laisse guider avec un plaisir de cinéphile satisfait pendant près de deux heures dont pas une seconde n'est de trop.

    Après le faux film social avec des aliens, on vire dans le film d'horreur gore (effets vraiment bien faits mais à déconseiller aux âmes les plus sensibles), avec une merveilleuse référence à la Mouche (mais là, c'est subtil, c'est touchant, c'est vraiment tragique, pas comme dans Mutants!!!!!)... et puis, surprise! on tombe dans le jeu vidéo pur (effets de cadrage et scénario). Ah! il y en aura plus d'un, dans la salle, qui, bien que n'étant pas porté sur le shoot 'em all, n'attendra qu'une chose: découvrir l'éventail militaire des aliens (c'est jouissif, mais au fond, est-ce que ça plaira à un public féminin, c'est loin d'être sûr). Blomkamp se rattrape ici de ne pas avoir réalisé HALO, et c'est avec un certain plaisir que l'on devine le sien de nous montrer ce qu'il aurait pu faire! Et ça finit dans une grande apothéose d'action, où ça explose, ça gicle, ça pétarade dans tous les coins. Et la mort la plus terrible n'est pas celle provoquée par les armes....

    Wikus van de Merwe, le personnage principal (si ce n'est le vaisseau lui-même) on ne lui donne pas grand chose pour lui au début. Faut dire que c'est pas Brad Pitt, et ça semble pas être Eisntein non plus. Encore moins Woody Allen. Ce héros n'est pas un super héros. Même pas un anti-héros. C'est un médiocre, d'autant plus crédible qu'il se montre autant lâche, stupide, que brave et inventif. C'est un être humain qui ne vaut pas mieux que les autres, même pas mieux que les Alien. Pas vraiment de manichéisme, chacun tient à garder sa peau - ou sa carapace - sauve. Mais dans certaines circonstances, on se révèle un héros.

    Là, pas d'histoire d'amour inter-espèces (non, on parle plutôt de cul), les sentiments sont pudiques (avec la femme de Wikus) ou remisés au placard (quand on fait du traffic d'arme alien, pas d'état d'âme). Des sentiments de mépris, de pitité, de cruauté (tant à l'égard des Crevettes que de Wikus, à la fin), puis de terreur, de solitude, d'abandon, et finalement bien d'amité: la misère réunit les malheureux (mais les maintient dans le mépris et l'indifférence des autres). Peut-être que d'avoir donné des sentiments humains aux Crevettes est discutable, mais ça les rend bien plus humaines que les hommes.

    Au final, un film génial, référencé - mais au sens d'hommage, pas de pompage gratuit - porté par une mise en scène dynamique, un son puissant, un rythme soutenu qui sait jouer avec nos nerfs, les apaisant quand il le faut, les crispant quand on ne s'y attend pas, un usage parfait du hors-champ, des images magnifiques (ce plan de soleil couchant avec les immeubles en contre-jour!), un décor apocalyptique original mais pas onéreux (façon Slumdog Millionaire, le côté conte de fée en moins) des effets spéciaux peu coûteux mais très crédibles, une musique qui rappelle celle d'Hans Zimmer pour la chute du Faucun Noir, des acteurs inconnus mais qui portent le film (mention spécial à Sharlto Copley dont on pense au début que ce crétin beauf ne va pas durer plus de dix minutes), un scénaio intelligent qui a digéré toutes les influences et les thèmes de son temps (terrorisme, peur de l'autre, racisme, manipulation politique et médiatique), et qui propose malgré tout derrière ses Crevettes hideuses injustement incomprises et maltraitées, ses gros flingues et ses effets gores, une réflexion sur l'essence de l'humanité et sa valeur - si relative - au regard de l'immensité inconnue de l'univers. Et on se se prend à penser qu'en effet, l'orgeuil de l'homme le rend mauvais, et que ce qui nous nous sommes infligés il y a un demi-siècle, ce mépris de l'autre - de l'alien - on pourrait le faire à d'autres. Mais le film montre aussi que si le mal est latent en permanence chez l'homme, certains sentiments parmi les plus nobles sont universels, comme une fleur peut éclore au coeur des immondices.

    Merci au Festival de l'Etrange d'avoir permis cette avant-première de qualité; pour un film qui le mérite.

    Tous au District 9!
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    Khärynn
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    Re: District 9 - Neill Blomkamp

    Message par Khärynn le Lun 21 Sep - 21:06

    En même temps, plus de subtilité, d'invention et de cerveau que Cloverfield, ça doit pas être très dur ^^

    Mais bon, la bande annonce a l'air intéressante et ton avis aussi. Dfaçon les films qui parlent de la connerie humaine emportent généralement mon adhésion. Sauf Entre les murs ^^

    Mais là ça a l'air chouette.

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