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    article d'anticipation 2: vers une nouvelle balkanisation de l'Europe

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    Camille
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    article d'anticipation 2: vers une nouvelle balkanisation de l'Europe

    Message par Camille le Sam 30 Aoû - 11:40

    Voici le second article d'anticipation de votre serviteur. En suivant vos conseils, j'ai tâché d'être plus concis et plus clair. En espérant qu'il vous plaira et fera un peu jaser. Critiques bienvenues.
    LE REFERENDUM CORSE : VERS UNE NOUVELLE BALKANISATION DE L’EUROPE ?

    Nous assistons depuis quelques années à ce qu’il conviendrait d’appeler- en dépit des provocations que ce terme, fortement connoté par l’Histoire et ses aléas, peut soulever – une nouvelle balkanisation de l’Europe.
    Mais une balkanisation, entendons-nous bien, qui ne concerne pas seulement une partie de l’Europe, mais bien l’ensemble du territoire européen et de cette entité proto-politique qu’est l’Union Européenne.
    Et ce qui se joue actuellement dans les urnes corses, de Bastia à Ajaccio, n’est que l’un des nombreux effets, dont nous avons tous pu observer les marques depuis une dizaine d’années dans chaque nation européenne.

    J’utilise à escient le terme de « nation », duquel certains politologues affirment la légitimité dans le cas de l’U.E, car il est clair qu’aujourd’hui, l’alliance économique, commerciale et militaire ( depuis la « renaissance » quelque peu maladroite de la CED en début d’année 2010[1]), tout en faisant ses preuves sur le plan pratique ( avec, d’une part, le monopole de l’euro depuis la dévaluation catastrophique du dollar, et, d’autre part, avec l’essor économique et financier aussi surprenant que rapide des nouveaux membres de l’Union – et ce malgré la pression industrielle de Moscou pour s’approprier les richesses moldaves[2]), n’est pas parvenue ( malgré, encore, il est important de le rappeler, la réussite de sa nouvelle politique de défense commune, notamment dans ses interventions auprès des pays du Moyen-orient) à maintenir les réactions régionalistes et la cohésion nécessaire de ses états membres les plus anciens qui se sont retrouvés, en dépit d’une unité territoriale reconnue sur la scène internationale et témoignant d’une stabilité politique assurée par une démocratie légitime, à conserver ne serait-ce que la façade de son intégrité.
    Mais accuser l’U.E d’être responsable d’un mouvement qui, de toute évidence, se constate à l’échelle planétaire, serait un raccourci dangereux et même, injuste. Les experts insistent bien sur ce qui est une conséquence logique – mais non moins discutable – du phénomène de mondialisation, lequel touche à présent jusqu’aux coins les plus reculés de la Chine et de l’Afrique, et ne peut donc être imputer à la fragile Europe. Et partout, de Londres à Pékin, de Seattle à Buenos Aires, de Stockholm à Brazzaville, on retrouve les mêmes contestations, qu’il s’agisse de manifestations ou de conférences et autres sommets prônant l’ alternative intra nationale, celle-ci restant très floue et fragile.



    Ce qui frappe les pays centraux, et plus précisément la Belgique, la France, le Royaume Uni, l’Espagne et l’Italie, c’est bien l’origine du problème européen : l’incapacité à se donner une structure précise et solide.
    Plutôt que de virevolter entre le supranationale et le discours sans substance favorisant les oppositions et les séditions (le non Irlandais en 2008 en était un premier signe ; de toute façon, ce « non » se déplace régulièrement d’un pays à l’autre, avec la France puis les Pays-Bas en premier), le modèle allemand, ou même espagnol (et encore, ce système connaît ses failles, comme nous l’avons vu), celui de la fédération, aurait eu, au moins, le bénéfice de préserver l’intégrité des états européens. La philosophe Chantal Delsol rappelait[3] même les avantages de la fédération en renvoyant les chefs d’état à une autre entité politique de l’Europe : le Saint Empire Romain Germanique.
    Il en fut décidé autrement, et l’on confia la responsabilité plénière de tous les états à un conseil supranationale, gérant les affaires économiques, commerciales et militaires des états membres (comprenant des politiques de défense et de diplomatie étrangères commune). Et bien que les retards, rattrapés, aient favorisé cette mesure sur le plan du bon sens, la pratique a donné lieu à des réactions très diverses dans les pays qui semblaient le plus attachés à ce principe d’européanisme. Il est toujours clair, pour un français, un espagnol ou un anglais, qu’être citoyen européen ne correspond à rien d’autre qu’à une liberté de déplacement d’un pays membre à l’autre sans autre papier qu’une carte d’identité ou d’un passeport ; qu’à quelques avantages économiques et à la possibilité de dire « non » quand ça lui chante, c'est-à-dire quand il sent que ses droits nationaux, qui constitue son identité, sont menacés.
    Européens, oui, peut-être, mais d’abord anglais, allemand, français, néerlandais, polonais, espagnols…
    Et maintenant, c’est écossais, wallons, corses, basques, d’abord….

    Petit rappel : malgré les paroles rassurantes, la Belgique explosa, après moins de deux siècles d’existence, en hiver 2011. La lutte qui déchira flamands et wallons se joue encore dans Bruxelles. La ville, passée en territoire flamand, revendiquée par les deux bords ; Bruxelles, capitale européenne, est devenue une ville martyre en proie à la guerre civile. Et l’on peut douter du choix de créer une zone neutre, une sorte d’état-ville, comme le Luxembourg, Monaco ou Belfort, lequel ne sait toujours pas décider de son identité : belge, wallon, flamand ou européen ?
    Si les uns sont indépendants, soutenus par les Pays-Bas dont ils bénéficient du dynamisme économique, le ralliement de la Wallonie, en apparence simple, à la France, engendra au contraire de sérieux problèmes identitaires[4], relayés par les basques et aujourd’hui, la Corse, qui serait sur le point de gagner son indépendance, donnant raison à des Yvan Colonna et autres terroristes…
    Cependant, dans ce contexte de tension entre l’île et la métropole, les nationalistes, sûrs de leur victoire, préparant déjà l’après référendum, constitution et nouvelle organisation politique du territoire en main, s’abstiennent de proférer des menaces et de forcer la main des électeurs. Au contraire, il semblerait même que cet acte direct de liberté démocratique efface l’image déjà assez sombre et sanglante des années passées.
    La réponse dans quelques semaines.
    Reste à savoir si, dans les livres d’histoire, Napoléon connaîtra la même destinée nationale…

    Plus proche de nous, sans trop nous tromper, nous pouvons déjà observer les effets de l’indépendance du pays basque depuis 2014, laquelle est à l’origine des vagues séparatistes que subit l’Union depuis quelques années.
    Certes, les pressions de l’ETA des deux côtés de la frontière ont fini par faire céder la France et l’Espagne. Certes, le Pays Basque occupe une place confortable et légitime sur la scène européenne, depuis l’indépendance et le retrait des troupes espagnoles et françaises (et surtout, depuis la reconnaissance nécessaire de la communauté internationale). Mais à quel prix ? Toutes les victimes du conflit basque sont-elles mortes pour quelque chose, alors qu’il était inimaginable que l’Europe traverse une nouvelle guerre ?
    Rappelons juste que la zone, militarisée en Espagne dès 2010, puis en 2011 à contrecœur en France, faute d’accord satisfaisant avec les séparatistes ; et la loi martiale, finalement appliquée en 2012 des deux côtés de la frontière, est devenue plus qu’un enjeu de stabilité territoriale, mais bien un champ de bataille entre deux conceptions de l’Europe. Et les assauts et les bombardements, bien que ciblés et limités à des installations clés, déstabilisant la région et entraînant des réactions de la part des pacifistes et de l’opposition, puis les victimes de la bataille délirante de Biarritz, ont fini par donner raison à ceux qui criaient à l’oppression.
    Et depuis, le Pays basque a fait des émules.

    L’Espagne (et maintenant la France, depuis les attentats de Perpignan en avril dernier) a aujourd’hui à affronter la Catalogne, et « affronter » est bien le terme à employer dans ce bras de fer qui décidera de l’avenir du pays tout entier. Déjà les efforts conjoints des français et des espagnols pour éviter un nouveau Biarritz se mettent en place de part et d’autre des Pyrénées, privilégiant la diplomatie et la mise en place de lois d’autonomie. Mais les récents évènements à la frontière ne permettent pas d’espérer une sortie de crise prochainement.
    Au nord de l’Europe, l’Ecosse, relayant les émeutes et la reprise des hostilités en Irlande[5], n’a jamais été aussi près d’exploser ; on parle de construire un mur sur les traces de celui d’Hadrien. Des personnalités comme Sean Connery plaident pour l’indépendance, tandis que d’autres se laissent séduire par les Princes William et Harry qui promettent du sang neuf pour l’avenir et semblent plus maintenir la cohésions de leur fans que des peuples entiers. Le Pays de Galles, cependant, reste fidèle à la Couronne. Le Roi Charles enchaîne les visites diplomatiques dans les nations britanniques (et il est intéressant de noter que le Royaume-Uni, menacé de désunion, a toujours été une union de nations et non d’états), suppléant le Premier Ministre Brown à qui l’on reproche, notamment, d’avoir adopté l’euro et ce, à la surprise générale, et des européens et des américains, changeant de fait radicalement la politique du Royaume-Uni à l’égard de l’Union Européenne – pour peut-être en accentuer les défaillances et accélérer le processus de balkanisation.

    La liste est encore longue et s’étale presque allègrement tous les jours dans la plupart des medias. L’Italie est sur le point de perdre la pointe de sa botte, ce n’est pas nouveau. Récemment, elle annonçait une « entrée en discussion au parlement sur la possibilité d’un nouveau découpage territoriale en vue d’une éventuelle séparation entre les régions du Piémont et celles du Mezzogiorno », lesquels, on le sait, accusent les contrastes depuis des décennies. Mais le risque d’abandonner toute une partie de son sol à une immigration massive et, surtout, aux mains de la mafia est-il vraiment mesuré ?
    S’engagent d’autres débats sur ce sujet, mais tous sont révélateurs du profond malaise des européens face à un phénomène qui les dépasse et contre lequel ils tentent de résister en faisant prévaloir leur originalité, celle de leur identité régionale. Face à cela, les réponses attendues par les autorités sont insuffisantes à apaiser les tensions entre nationalisme et régionalisme. Les chefs d’états sont impuissants, la constitution européenne dévoile ses limites, sinon son incompétence à gérer des dissensions internes aussi graves.
    En revanche, on loue les réussites de l’Union Européenne à l’étranger. Elle est parvenue à rétablir la paix en Afghanistan et maintient la démocratie en Irak Elle vient, grâce à la CED, de régler la crise qui se profilait au Kurdistan.; tout cela est très bien.
    Mais sur son sol même commence le règne de l’anarchie.


    [1] Renaissance motivée par l’état déplorable de la coordination des forces militaires internationales et surtout européennes en Afghanistan et au Darfour, et afin de suppléer les casques bleus dans les zones de conflit, tout en proposant une alternative à l’impérialisme militaire américain, lequel s’était passablement affaibli lors la crise géorgienne et le retrait des troupes en Irak.
    [2] Cf l’excellente analyse parue dans le Monde du 18 mars 2009 et revenant en détails sur ce moment de haute tension entre les 28 – qui n’était alors que 27, la Turquie n’étant rentrée dans l’U.E officiellement qu’en 2012.
    [3] In la Nouvelle Revue d’Histoire d’août 2008.
    [4] En passant bien sûr par le nanar de « Binv’nue les Wallons » et autre moqueries et histoires belges qui entraînèrent autant un rejet qu’une adoption difficile de la part des français du nord, l’association « Pas-de-Calais, pas de Wallonie » en tête.
    [5] Et ce après la parenthèse d’accalmie et d’espoir d’un parlement mixte, lequel aura duré jusqu’aux attentats de Belfast en 2012.

    Invité
    Invité

    Re: article d'anticipation 2: vers une nouvelle balkanisation de l'Europe

    Message par Invité le Sam 30 Aoû - 15:06

    Excellent !

    Cela correspond tout à fait à mon analyse de la situation actuelle, et justifie amplement pour jacobinisme : il n'y a pas et il n'y aura jamais d'identité européenne, ni de sentiment d'appartenance à la "puissance européenne", j'ai toujours été pour l'Europe des Nations et des Peuples, pas pour l'Europe des Régions (avec par exemple la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, heureusement non-signée par la France). On retrouve ça dans la réforme constitutionnel et la reconnaissance des langues régionales comme Patrimoine... On en a rien à foutre ! Il y a une seule langue en France, et cette langue c'est le français, il se doit d'être utilisé sur tout le territoire national et dans toutes ces institutions, aucune autre langue ne saurait prendre sa place ou coexister avec lui comme c'est le cas en Espagne par exemple, regardez la Catalogne !

    On a construit des Nations avec une identité, une histoire, une culture, une politique... Ce n'est pas pour défaire ces Nations aujourd'hui. Tu aurais également pu parler de l'immigration en France, ton article suppose donc en plus dans sa logique pessimiste qu'il n'y a plus du tout d'assimilation, que chacun doit garder sa culture... On aurait donc la Charia dans les régions où les musulmans sont majoritaires, etc. Comme c'est en train de se profiler au Royaume-Uni. C'est pour cela que je défends avec la plus grand ardeur possible notre histoire assimilationiste qui fait acquérir la culture française ("nos ancêtre les gaulois", etc. dont on s'est beaucoup moqué en outre-mer et dans les colonies, alors que c'est la base de ce qui nous fait devenir et sentir français).

    En revanche, on loue les réussites de l’Union Européenne à l’étranger. Elle est parvenue à rétablir la paix en Afghanistan et maintient la démocratie en Irak. Elle vient, grâce à la CED, de régler la crise qui
    se profilait au Kurdistan.; tout cela est très bien.

    Grand dieu, ce sera tout le contraire ! Une défense commune et une politique étrangère commune serait au total profit des États-Unis, car la majorité des États qui composent l'Europe sont des toutous des USA (Pologne, Grande-Bretagne, etc.), ce qui signifie que la France (seule à avoir refusée la Guerre en Irak) sera totalement isolé et ne pourra jamais donner son avis sur ses sujets là...

    Oui à l'Europe économique, mais par pitié, restons en là, nous n'allons pas détruire ce qu'il reste de la France, et des autres pays.

    PS : J'ai pensé à Patrick Balkany en lisant le titre. ^^

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