Arf S, l'argument Kantien est vraiment habile.
Quand à tuer sous les ordres, ce n'est pas uniquement sous les ordres que nous agissons: Eichman, l'homme ayant mis en place la solution finale juive, utilise aussi cet argument des ordres lors de ses multiples procés, mais cela ne semble pas crédible.
Hannah Arendt démontrera qu'il y a trois facteurs a réunir pour perpetrer ces actes meurtriers: une banalité du mal, une légalisation du mal, la négation de l'individu.
Derniers sujets
» Le Bar du Piaf
par Khärynn Lun 21 Sep - 20:07
» District 9 - Neill Blomkamp
par Khärynn Lun 21 Sep - 20:06
» Qui sera le dernier debout ?
par Khärynn Mar 25 Aoû - 23:14
» Brefs commentaires et recommandations sur les films en salles...
par Ponpon Dim 5 Juil - 18:10
» Décès de Bill
par El Nautolan Ven 19 Juin - 17:43
» Jusqu'en enfer - Sam Raimi
par Marushka Ven 19 Juin - 16:48
» Terminator Renaissance
par Malie Mar 16 Juin - 10:23
» Cannes 2009 - Quinzaine des réalisateurs.
par Camille Dim 14 Juin - 15:25
» Pour renouveler le nom de domaine
par R2D2 Sam 13 Juin - 0:18
par Khärynn Lun 21 Sep - 20:07
» District 9 - Neill Blomkamp
par Khärynn Lun 21 Sep - 20:06
» Qui sera le dernier debout ?
par Khärynn Mar 25 Aoû - 23:14
» Brefs commentaires et recommandations sur les films en salles...
par Ponpon Dim 5 Juil - 18:10
» Décès de Bill
par El Nautolan Ven 19 Juin - 17:43
» Jusqu'en enfer - Sam Raimi
par Marushka Ven 19 Juin - 16:48
» Terminator Renaissance
par Malie Mar 16 Juin - 10:23
» Cannes 2009 - Quinzaine des réalisateurs.
par Camille Dim 14 Juin - 15:25
» Pour renouveler le nom de domaine
par R2D2 Sam 13 Juin - 0:18
Meilleurs posteurs
| S. | ||||
| Khärynn | ||||
| Baptiste | ||||
| brainwashed | ||||
| Camille | ||||
| Malie | ||||
| Yriel Korraheyn | ||||
| Anubis | ||||
| Mister H. | ||||
| Zoucan |
Qui est en ligne ?
Il y a en tout 4 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 4 Invités
Aucun
Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 16 le Lun 25 Mai - 1:47
La Peine de mort
Sondage

Baptiste- Padawan

Nombre de messages: 331
Age: 21
Localisation: Jaillans, ville en mouvement
Points: 695
Date d'inscription: 07/02/2008
- Message n°16
Re: La Peine de mort

Senda- Soyez indulgents, je suis nouveau !

Nombre de messages: 48
Age: 20
Localisation: 95
Points: 635
Date d'inscription: 01/03/2008
- Message n°17
Re: La Peine de mort
Dream, c'est sûr que l'action de l'environnement social prédétermine plus ou moins certaines personnes à commettre des délits néanmoins on revient au principe du libre arbitre, chacun à le choix. En outre, si à chaque fois on donne l'excuse "c'est pas sa faute, c'est la société" on entre dans un cercle vicieux et surtout dans un refus de responsabilisation : la société n'est pas une machine étrange et mystérieuse, c'est nous.

Neptune- Soyez indulgents, je suis nouveau !

Nombre de messages: 15
Age: 20
Localisation: Dijon
Points: 551
Date d'inscription: 25/05/2008
- Message n°18
Re: La Peine de mort
Je me permets de citer C. Beccaria :
La rigueur du châtiment fait moins d'effet sur l'esprit humain que la durée de la peine, parce que notre sensibilité est plus aisément et plus constamment affectée par une impression légère mais fréquente, que par une secousse violente mais passagère. Tout être sensible est soumis à l'empire de l'habitude ; et comme c'est elle qui apprend à l'homme à parler, à marcher, à satisfaire à ses besoins, c'est elle aussi qui grave dans le coeur de l'homme les idées de la morale par des impressions répétées.
Le spectacle affreux, mais momentané, de la mort d'un scélérat est pour le crime un frein moins puissant que le long et continuel exemple d'un homme privé de sa liberté, devenu en quelque sorte une bête de somme ; et réparant par des travaux pénibles le dommage qu'il a fait à la société. Ce retour fréquent du spectateur sur lui-même : "Si je commettais un crime, je serais réduit toute ma vie à cette misérable
condition", cette idée terrible épouvante plus fortement les esprits que la crainte de la mort, qu'on ne voit qu'un instant dans un obscur
lointain qui en affaiblit l'horreur.
L'impression que produit la vue des supplices ne peut résister à l'action du temps et des passions, qui effacent bientôt de la mémoire des hommes les choses les plus essentielles.
Césare Beccaria, Des délits et des peines (1764), "de l'inutilité de la peine de mort"
La rigueur du châtiment fait moins d'effet sur l'esprit humain que la durée de la peine, parce que notre sensibilité est plus aisément et plus constamment affectée par une impression légère mais fréquente, que par une secousse violente mais passagère. Tout être sensible est soumis à l'empire de l'habitude ; et comme c'est elle qui apprend à l'homme à parler, à marcher, à satisfaire à ses besoins, c'est elle aussi qui grave dans le coeur de l'homme les idées de la morale par des impressions répétées.
Le spectacle affreux, mais momentané, de la mort d'un scélérat est pour le crime un frein moins puissant que le long et continuel exemple d'un homme privé de sa liberté, devenu en quelque sorte une bête de somme ; et réparant par des travaux pénibles le dommage qu'il a fait à la société. Ce retour fréquent du spectateur sur lui-même : "Si je commettais un crime, je serais réduit toute ma vie à cette misérable
condition", cette idée terrible épouvante plus fortement les esprits que la crainte de la mort, qu'on ne voit qu'un instant dans un obscur
lointain qui en affaiblit l'horreur.
L'impression que produit la vue des supplices ne peut résister à l'action du temps et des passions, qui effacent bientôt de la mémoire des hommes les choses les plus essentielles.
Césare Beccaria, Des délits et des peines (1764), "de l'inutilité de la peine de mort"

Ouroboros- Petit Padawan

Nombre de messages: 59
Age: 18
Localisation: Cergy
Points: 392
Date d'inscription: 31/10/2008
- Message n°19
Re: La Peine de mort
Je reprend le débat un peu tard, mais au moment où il a été "clos", je n'étais pas encore sur ce forum. J'en profite pour remercier S. des informations proposées au début du sujet.
Vous abordez beaucoup la peine de mort du point de vue de l'individu exécute, vous posant la question de savoir s'il mérite ou non de mourir après les actes qu'il a commis. C'est certes intéressant, et nécessaire, mais on peut aussi se poser la question de savoir si, ses crimes méritant une peine extrêmement importante, la société peut se permettre de conserver en son sein un tel individu, même en le mettant à l'écart.
Concernant la question de savoir s'il mérite ou non de mourir, la question est assez complexe, et je ne saurais trancher (bon d'accord, mauvais jeu de mots). Je me permettrais tout de même de dire que certains crimes me paraissent impardonnables, et qu'un individu sain d'esprit ne peut pas mériter de continuer à vivre après les avoir commis en toute connaissance de cause (les crimes contre l'humanité, par exemple).
Concernant les crimes passionnels évoqués précédemment, ils sont commis sous le coup d'une très forte émotion, et on ne pourrait pas raisonnablement dire qu'ils ont été commis en toute connaissance de cause. Ils sont le tragique fruit d'un égarement passager, non celui d'une volonté longuement réfléchie et mûrie, et ne peuvent donc pas êtres punis au même niveau. Ils doivent cependant être punis avec la rigueur qui s'impose, car ils n'en restent pas moins des crimes.
Vient aussi, à mon sens, la question de savoir si la société doit garder en vie des individus qui se sont eux-mêmes mis hors de la société, en en bravant les règles les plus strictes (on pardonne plus facilement à un voleur à la sauvette, qu'à un tortionnaire-violeur-pédophile). Ils se sont écartés de la société, on peut donc considérer qu'ils n'en font plus partie. La société doit se protéger contre toute agression extérieure, et dispose dans ce cas de deux choix : soit elle laisse l'individu vivant, en l'emprisonnant pour une longue durée, l'écartant ainsi et avec lui le danger qu'il représente, soit elle le supprime, considérant qu'il s'est lui-même écarté d'elle, et qu'il lui est perdue, et supprime le danger qu'il représente.
La réponse la plus évidente sera sûrement "mais qu'on le supprime ou qu'on l'écarte, on se débarrasse du danger qu'il représente, non ?".
Certes, on écarte de nous le danger qu'il incarne, mais s'il a décidé de s'écarter de nous, pourquoi le forcer à rester dans notre société, qu'il a en quelques sortes reniée, en l'entretenant jusque sa mort aux frais de ceux qu'il a renié ? Pourquoi quelqu'un qui est perdu pour la société devrait rester en son sein ? Il est un criminel abject, il a nié la société à laquelle il appartenait dans le sang et la souillure, au nom de quoi, de qui, devrions-nous l'accepter chez nous ?
Difficile question. Pour ma part, je suis contre la peine de mort, mais je ne suis pas sûr de m'opposer en bloc à toute tentative de la considérer comme peine capitale française, si tant est qu'elle ne s'applique dans ce cas qu'à certains crimes, particulièrement les meurtres gratuits, la torture, les viols en série.
Vous abordez beaucoup la peine de mort du point de vue de l'individu exécute, vous posant la question de savoir s'il mérite ou non de mourir après les actes qu'il a commis. C'est certes intéressant, et nécessaire, mais on peut aussi se poser la question de savoir si, ses crimes méritant une peine extrêmement importante, la société peut se permettre de conserver en son sein un tel individu, même en le mettant à l'écart.
Concernant la question de savoir s'il mérite ou non de mourir, la question est assez complexe, et je ne saurais trancher (bon d'accord, mauvais jeu de mots). Je me permettrais tout de même de dire que certains crimes me paraissent impardonnables, et qu'un individu sain d'esprit ne peut pas mériter de continuer à vivre après les avoir commis en toute connaissance de cause (les crimes contre l'humanité, par exemple).
Concernant les crimes passionnels évoqués précédemment, ils sont commis sous le coup d'une très forte émotion, et on ne pourrait pas raisonnablement dire qu'ils ont été commis en toute connaissance de cause. Ils sont le tragique fruit d'un égarement passager, non celui d'une volonté longuement réfléchie et mûrie, et ne peuvent donc pas êtres punis au même niveau. Ils doivent cependant être punis avec la rigueur qui s'impose, car ils n'en restent pas moins des crimes.
Vient aussi, à mon sens, la question de savoir si la société doit garder en vie des individus qui se sont eux-mêmes mis hors de la société, en en bravant les règles les plus strictes (on pardonne plus facilement à un voleur à la sauvette, qu'à un tortionnaire-violeur-pédophile). Ils se sont écartés de la société, on peut donc considérer qu'ils n'en font plus partie. La société doit se protéger contre toute agression extérieure, et dispose dans ce cas de deux choix : soit elle laisse l'individu vivant, en l'emprisonnant pour une longue durée, l'écartant ainsi et avec lui le danger qu'il représente, soit elle le supprime, considérant qu'il s'est lui-même écarté d'elle, et qu'il lui est perdue, et supprime le danger qu'il représente.
La réponse la plus évidente sera sûrement "mais qu'on le supprime ou qu'on l'écarte, on se débarrasse du danger qu'il représente, non ?".
Certes, on écarte de nous le danger qu'il incarne, mais s'il a décidé de s'écarter de nous, pourquoi le forcer à rester dans notre société, qu'il a en quelques sortes reniée, en l'entretenant jusque sa mort aux frais de ceux qu'il a renié ? Pourquoi quelqu'un qui est perdu pour la société devrait rester en son sein ? Il est un criminel abject, il a nié la société à laquelle il appartenait dans le sang et la souillure, au nom de quoi, de qui, devrions-nous l'accepter chez nous ?
Difficile question. Pour ma part, je suis contre la peine de mort, mais je ne suis pas sûr de m'opposer en bloc à toute tentative de la considérer comme peine capitale française, si tant est qu'elle ne s'applique dans ce cas qu'à certains crimes, particulièrement les meurtres gratuits, la torture, les viols en série.






